Terrain vague, quelque part à Téhéran...

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Je passais dans ce lieu indistinct, presque vide, à la fois oeuvre du temps et son oubli. Je passais, dans ce territoire accidentellement habité par des être inconnus et que nul, le traversant, ne chercherait à connaître. Vague aussi demeurait l'esprit, entre l'inquiétude et la joie,entre l'accomplissement d'un désir et le regret de ne pas y abonder davantage. Je déambulais à travers le passé, au gré des abandons et des empêchements, dans le bruit étouffé des silences et des chuchotements. La chaleur accusait la poussière et avec la trace des siècles sur les murs, l'espace vague fredonnait son histoire entêtante, comme une mélodie qui, longtemps après, garde sa marque au fond de soi. 

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Vague encore l'être dissimulé et pourtant si distinct dans les songes...

Les silhouettes s'en vont et s'en viennent, comme les hommes sur les terrains offerts au hasard, comme le manteau des heures chancelantes sous l'ombre et la lumière. Le visage glisse au ras de chaque instant, les corps s'illuminent jusque dans leur for interne, indemnes, femmes inventées dans le brio d'une "desdichada". Alors, l'âme entend s'émerveiller, heureuse de chaque alea, riche d'un jeu qui, dans les dédales de la ville, souligne les couleurs et leur absence. Tel un battement de coeur s'étire entre les surprises et quelques souvenirs. 

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Il est tard et la nuit recouvre lentement la lumière. Il est tard et tôt encore pour s'enhardir, pour retourner au rêve, aux déambulations résolues ou subreptices, pour penser aux aventures et aux récits clandestins. Mais la nuit est une halte, un repos ébloui, entre une couche et un jour futur. Elle est le reposoir du ciel, la piste des étoiles et l'espérance impérissable. Elle est le souvenir des couleurs dans l'oubli immense.  Partout le terrain vague se hérisse d'éclats sourds et de chimères, partout reprenent les marmottements, comme le bruissement du froid et son reniement.